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Quelques réactions faisant suite à la décision du Conseil d'Etat de classer « X » le film « Baise-moi » :
« Je suis assujetti à la loi, en tant que citoyen et professionnel. Mais dans certaines ciconstances, il faut savoir la contester. Le Conseil d'Etat doit veiller au respect de l'ordre public et je constate que ce film, projeté depuis mercredi (28 juin), n'y a pas porté atteinte. En revanche, la décision du conseil menace la liberté d'expression. Je pense qu'on revient à des périodes que je croyais révolues où, tout à coup, on censure au nom d'une morale qui me semble discutable, ou douteuse, ou peu acceptable. Je n'ai pas du tout l'intention pour l'instant de me soumettre à ce genre de chose ». Marin Karmitz, responsable de MK2, a choisi de maintenir le film « Baise-moi » à l'affiche, tout comme Galeshka Moravioff.
Jack Lang, Ministre de l'Education Nationale, a estimé que la décision du Conseil d'Etat mettait « en cause la légitimité de la loi de 1975 » sur la pornographie, qu'il juge obsolète et qui mérite d'être profondément révisée voire même abrogée. Je me suis battu toute ma vie contre la censure, et la décision qui vient d'être prise est une forme de résurrection de l'interdiction totale qui avait été abolie dans les textes ». Il ajoute « qu'(il) n'a pas l'intention de se soumettre à ce genre de chose ».
Alain Sussfeld, gérant d'UGC Distribution, a refusé de programmer « Baise-moi » dans ses salles. « Nous n'avons pas jugé la qualité artistique du film suffisante, et son extrême violence était un autre critère négatif. Nous avons une politique généralement extrêmement ouverte, mais aucune obligation de diffuser toutes les œuvres disponibles. Et comme il était largement diffusé par ailleurs… Je respecte les choix des autres et j'assume les miens. A chacun sa liberté ».
Quand à Virginie Despentes, elle estime qu'il « s'agit d'une décision politique et idéologique qui dépasse complètement le cadre de la censure telle qu'on s'attendait à devoir l'affronter. Que les membres du Conseil d'Etat pensent ce qu'ils écrivent sur mon film, ça ne me choque pas plus que ça, mais qu'ils en tirent argument pour l'interdire, ça me dépasse. Ce qu'ils disent sur nos intentions de dénoncer la violence faite aux femmes, intentions qui seraient mal traduites, c'est n'importe quoi : il a échappé à peu de monde, même à ses détracteurs, que c'était un film du côté des femmes. Qui sont ces gens, au fait, qui siègent au Conseil d'Etat ? Ca me semble bien opaque. »
Face à ces propos, réagissons !
A noter que Gaumont et Pathé ont répondu à vos nombreuses lettres de protestation et d'appel au boycott :
« Pour votre info, « Baise moi » a été retiré des salles Gaumont dès ce week-end. L'apologie de la violence pour la violence dans ce film n'est, c'est vrai, pas pour grandir le cinéma français (et international d'ailleurs). Sur le site de gaumont.fr, nous prévoyons prochainement de mettre en place un système d'identification des films un peu comme il en existe à la télévision, histoire de donner aux spectateurs plus d'indications sur le degrés de violence/sexe des films à l'affiche, plus parlant que les simples interdits officiels aux moins de 12 ans ou moins de 16 ans ». Gaumont
Nous attendons maintenant l'application de ces bonnes résolutions !
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